Fiche descriptive : Excavation (dans le sol asséché) et élimination hors site – sédiments

De : Services publics et Approvisionnement Canada

Remarque générale :

Cette fiche descriptive présente principalement la partie excavation de la technologie. Les alternatives de traitement des sédiments excavés sont détaillées dans les fiches descriptives respectives associées à un type de traitement spécifique. Les traitements spécifiques possibles à la suite de l’excavation sont listés à la section sur les traitements secondaires requis de cette présente fiche descriptive.

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Description

L’excavation consiste à retirer des sédiments contaminés de plans d’eau douce, d’eau d’estuaire ou d’eau de mer en vue de leur gestion. Les sédiments contaminés excavés sont transportés vers des installations de traitement (hors site) et/ou d’élimination autorisés. Préalablement à l’excavation et contrairement au dragage, il faut prévoir un déplacement temporaire ou une redirection du plan d’eau, afin de retirer les sédiments grâce à la machinerie de creusage conventionnelle pour des sols asséchés.

Cette technologie implique d’isoler la zone d’excavation en vue de l’assèchement à l’aide de structures de confinement. Par la suite, il peut être nécessaire de pomper l’eau résiduelle dans la zone de réhabilitation jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des sédiments suffisamment asséchés pour être en mesure de procéder à l’excavation. Les sédiments contaminés extraits pourraient nécessiter un assèchement supplémentaire et/ou un tamisage avant leur transport hors site.

Les sédiments extraits par excavation peuvent aussi être éliminés ou gérés sur place par recouvrement terrestre, semi-aquatique ou subaquatique ou dans une installation de mise en dépôt aquatique confiné. Consulter les fiches descriptives : Mise en dépôt aquatique confiné et installations de confinement actif et Recouvrement pour en savoir plus.

Liens Internet :

Mise en œuvre de la technologie

La mise en œuvre de cette technologie peut inclure :

  • La mobilisation, l’accès au site et la mise en place d’installations temporaires;
  • L’installation de structures pour recueillir les sédiments tels que des barrières à sédiments et des boudins de rétention sédimentaire. Ces structures permettront de limiter la migration et d’accentuer la rétention des sédiments propres et/ou contaminés dans la zone et/ou hors de la zone de réhabilitation;
  • La capture et le déplacement des organismes et de la faune aquatiques habitant la zone d’excavation (dans la mesure du possible). Voir les activités touchant les espèces en péril;
  • L’isolation et l’assèchement de la zone par élimination ou redirection du plan d’eau. Cela exige l’installation de structures hydrauliques de gestion des eaux comme des rideaux de palplanches, des bermes de terre, des batardeaux, des barrages gonflables, etc.;
  • L’installation de pompes et de matériel d’extraction de l’eau (pour prévenir l’accumulation de l’eau souterraine par infiltration, des précipitations et du ruissellement) dans la zone d’excavation. Si applicable, l’eau extraite pourrait être soumise à des étapes de traitement et d’élimination;
  • Le déplacement d’éléments (enrochement, végétations, etc.) susceptibles de nuire au fonctionnement de la machinerie. Les éléments devraient être remis en place à la suite des travaux de réhabilitation, si possible, afin de limiter les perturbations potentielles sur la faune aquatique;
  • L’excavation des sédiments et mise en dépôt, à l’aide de machines telles que des excavatrices, des pelles rétrocaveuses et des bennes preneuses;
  • Des phases de prétraitement des sédiments telles que la déshydratation ou le tamisage des particules au besoin;
  • Des systèmes de traitement des eaux au besoin;
  • Des systèmes de récupération et traitement des vapeurs et d’effluents gazeux au besoin;
  • L’entreposage temporaire des sédiments en pile sur le site ou le chargement immédiat pour le transport;
  • Le suivi de la zone d’excavation par levés bathymétriques et/ou échantillonnage, en vue de s’assurer que l’enclave de contamination a été complètement excavée;
  • Le transport par camion vers le lieu d’élimination ou de traitement hors site;
  • La remise en état du site (nivellement, pavage, végétalisation, etc.);
  • Des suivis à court ou à long terme à la suite des travaux de réhabilitation pour s’assurer de la restauration naturelle par les organismes vivants du site.

Matériaux et entreposage

L’entreposage sur le site peut inclure des sédiments propres, des carburants, des lubrifiants, des amendements et autres matériaux de chantier requis pour l’opération de la machinerie et de l’équipement pour la mise en œuvre de la technologie.

Des empilements temporaires de sédiments contaminés peuvent être entreposés sur le site, en attente de leur caractérisation et de leur transport hors site. Elles sont habituellement recouvertes pour limiter l’infiltration d’eau et l’émission de poussières. Il peut être nécessaire d’installer des membranes imperméables sous les empilements de sédiments entreposés.

Si le pompage de l’eau est requis pendant l’excavation et/ou si l’eau de drainage des sédiments entreposés doit être captée ou traitée, des réservoirs peuvent également être présents sur le site, tout comme une unité temporaire de traitement des eaux et/ou des vapeurs.

Résidus et rejets

L’eau mise en contact avec le site contaminé devra parfois être traitée avant d’être éliminée dans l’environnement. Il s’agit notamment de l’eau provenant de la déshydratation des sédiments contaminés, des eaux souterraines infiltrées et de l’eau de surface ruisselant vers le site, de même que toute eau retirée du site avant le début des travaux d’excavation. L’eau souterraine contaminée est soit entreposée dans des réservoirs pour être transportée et traitée hors site, soit traitée sur place pour être ensuite rejetée dans le réseau d’égout sanitaire ou pluvial municipal ou dans des zones d’infiltration.

Des poussières, provenant notamment des excavations, des aires de traitement de sols ou des matériaux répandus au sol par les équipements, peuvent être émises lors des travaux. Les empilements de sédiments excavés doivent être recouverts et protégés pour éviter la formation de poussière, l’émission de gaz et le ruissellement sous l’effet de la pluie.

Il peut y avoir une émission d’effluent gazeux provenant de l’échappement de l’équipement ou d’une volatilisation des contaminants provenant des parois fraîches d’excavation ou des empilements temporaires de sédiments. Notons également que les émanations de gaz de sédiments contenant un haut taux de matière organique peuvent entraîner des odeurs parfois désagréables. Les travailleurs qui se trouvent en présence probable d’odeurs ou de composés volatils doivent prendre des précautions pour prévenir les émanations de gaz, notamment en prévoyant un suivi des concentrations, en ayant des équipements de protections individuels adéquats et/ou en réalisant les travaux d’excavation des sédiments en période froide.

Une remise en suspension des sédiments dans l’eau avec forte turbidité revenant à son écoulement initial lors de la remise en état du site est possible. Il est envisageable d’atténuer ce problème en ralentissant le débit de l’eau (c’est-à-dire en évitant une montée subite de l’eau dans la zone de réhabilitation). Lorsque les sédiments sont très fins, la quantité de matière en suspension peut être atténuée en recouvrant les sédiments d’une couche de gravier ou de pierres.

Analyses recommandées dans le cadre d’une caractérisation détaillée

Analyses physiques

  • La présence des liquides en phase non aqueuse (légers ou denses)
  • Contenu en eau des sédiments
  • Distribution granulométrique des sédiments
  • Propriétés géotechniques des sédiments (densité apparente, plasticité, résistance au cisaillement et cohésion)
  • Stabilité des sédiments

Essais recommandés dans le cadre d’une caractérisation détaillée

Essais physiques

  • Essais de ségrégation/tamisage pour vérifier si les différentes granulométries permettent de réduire le volume de sédiments à traiter
  • Essais de traitabilité selon la technologie de traitement choisie à la suite du dragage des sédiments (voir la remarque générale au début de la fiche descriptive)

Autre information recommandée pour une caractérisation détaillée

Phase II

  • La bathymétrie
  • La caractérisation du milieu physique incluent :
    • Taille du plan d’eau
    • Infuence des marées
    • Régime des glaces
    • Espèces aquatiques
    • Présence de ponts
    • Proximité de structures terrestres et/ou maritimes
  • Caractérisation de l’utilisation actuelle et projetée de l’eau de surface et du plan d’eau en général (incluant le tirant d’eau nécessaire pour les bateaux)
  • La présence d’infrastructures de surface et souterraines 
  • La nature de la contamination et la délimitation de son étendue
  • Les lithologies et la stratigraphie du site
  • Le potentiel d’érosion
  • La présence de récepteurs connus et potentiels
  • L’évaluation des conditions biologiques et des facteurs écologiques comme la vulnérabilité de l’habitat, la présence de zones protégées, la présence d’espèces en péril
  • La détermination de l’endroit idéal pour installer le matériel de confinement de l’eau et le volume d’eau à déplacer

Phase III

  • La détermination des voies préférentielles de migration des contaminants
  • La connaissance détaillée de la géologie et de l'hydrogéologie incluant :
    • la conductivité hydraulique
    • les fluctuations saisonnières
    • le gradient hydraulique
    • La direction d’écoulement de l’eau souterraine et de l’eau de surface
    • Les courants, l’action des vagues et les profils des marées
    • La perméabilité des sédiments
    • Les pressions hydrostatiques
    • Le bilan hydrique
    • L’épaisseur de la colonne d’eau
  • La modélisation géochimique et/ou hydrogéologique
  • L’évaluation des risques d’impacts sur les récepteurs sensibles identifiés
  • Le bilan de masse en contaminants
  • Les volumes approximatifs de sédiments et d’eau contaminés
  • L’évaluation de la qualité de l’eau d’assèchement des sédiments

Applications

En général, tous les types de sédiments peuvent être excavés lorsque la gestion du plan d’eau est complétée et que la stabilité des rives est adéquate pour supporter la machinerie. L’excavation convient mieux aux plans d’eau peu profonds ou aux milieux littoraux (ruisseaux, étangs, petites rivières, baies de petite dimension, etc.). Elle est efficace dans des lieux bien délimités où la contamination est élevée (points chauds). Cette méthode est souvent sélectionnée pour des contaminants présents dans des sédiments de granulométrie différente que celle du matériel propre présent puisque que cela facilite leur ségrégation.

Applications aux sites en milieu nordique

  • La technologie est possible en milieu nordique, cependant, les sites éloignés nécessitent une mobilisation plus importante, ce qui entraîne des coûts de surveillance sur place plus élevés. De plus, la disponibilité des équipements est limitée et les fenêtres de travail sont relativement courtes.
  • Le transport par camion des matériaux contaminés vers des sites de traitement hors site, ou le transport par camion des matériaux traités pour leur réutilisation hors site, est souvent très coûteux ou impossible en régions éloignées et en milieux nordiques. Le transport par train ou par barge/navire peut être réalisable, mais n’est pas toujours viable économiquement.
  • En raison des difficultés à obtenir des résultats d’analyses en temps opportun, il peut être nécessaire de procéder au dépistage sur le terrain, de planifier des interventions progressives et/ou de mettre en place une approche de gestion des risques.
  • Lors d’un traitement ex situ sur place, le froid extrême peut nuire, par exemple, à la biodégradation et à la volatilisation. Les systèmes de traitement en milieux nordiques requièrent une conception appropriée au climat, incluant une considération pour les changements saisonniers ainsi que pour les longues périodes sans intervention humaine, ravitaillement en carburant, etc. 
  • La technologie peut nécessiter l’imposition de restrictions et/ou de limitations sur la consommation alimentaire d’organismes du plan d’eau. Par exemple, les communautés locales pourraient compter sur les espèces aquatiques pour leur alimentation et des restrictions pourraient présenter des impacts significatifs sur ces communautés.

Type de traitement

Type de traitement
Type de traitementS’applique ou Ne s’applique pas
In situ
Ne s’applique pas
Ex situ
S’applique
Biologique
Ne s’applique pas
Chimique
Ne s’applique pas
Contamination dissoute
Ne s’applique pas
Contamination résiduelle
S’applique
Contrôle
Ne s’applique pas
Phase libre
S’applique
Physique
S’applique
Résorption
Ne s’applique pas
Thermique
Ne s’applique pas

État de la technologie

État de la technologie
État de la technologieExiste ou N'existe pas
Démonstration
N'existe pas
Commercialisation
Existe

Contaminants ciblés

Contaminants ciblés
Contaminants ciblésS'applique, Ne s'applique pas ou Avec restrictions
Biphényles polychlorés
S'applique
Chlorobenzène
S'applique
Composés inorganiques non métalliques
S'applique
Composés phénoliques
Avec restrictions
Explosifs
Ne s'applique pas
Hydrocarbures aliphatiques chlorés
S'applique
Hydrocarbures aromatiques monocycliques
S'applique
Hydrocarbures aromatiques polycycliques
S'applique
Hydrocarbures pétroliers
S'applique
Métaux
S'applique
Pesticides
S'applique

Durée du traitement

Durée du traitement
Durée du traitementS’applique ou Ne s’applique pas
Moins de 1 an
S’applique
1 à 3 ans
S’applique
3 à 5 ans
Ne s’applique pas
Plus de 5 ans
Ne s’applique pas

Remarques :

Remarques :

Le temps requis pour répondre à tous les besoins d’assainissement dépend du volume et de l’étendue des sédiments contaminés, de l’équipement utilisé, de la nécessité d’un traitement secondaire et du mode de transport des sédiments extraits par excavation. Quand les volumes de sédiments contaminés sont faibles et bien délimités, le temps requis peut aller de quelques semaines à quelques mois. Cependant, si le volume de sédiments contaminés est important ou si les sédiments contaminés sont répandus dans une grande superficie ou si les caractéristiques du site (infrastructures, etc.) posent des problèmes de logistique et d’accès difficiles, il est possible que la durée de la réhabilitation s’échelonne sur quelques années.

Considérations à long terme (à la suite des travaux d'assainissement)

En général, l’excavation est une méthode très précise d’extraction de sédiments contaminés, car elle est réalisée en milieu asséché. Dans le cas où l’élimination des sédiments est effectuée hors site, il n’est habituellement pas nécessaire d’assurer une surveillance à long terme aux sites d’excavation. Cependant, une surveillance est nécessaire si, en parallèle avec l’excavation, d’autres technologies d’assainissement ont été utilisées ou si une méthode d’élimination des sédiments sur place a été choisie.

L’excavation demeure toutefois une méthode de décontamination très invasive, qui peut entraîner des répercussions négatives à long terme sur les habitats des organismes benthiques en l’absence de mesures de contrôle et de pratiques de gestion adéquates. Il est donc recommandé d’effectuer un suivi de la régénération du milieu aquatique. Si des organismes aquatiques ont été capturés ou confinés, il faut les réintroduire à la fin des travaux d’excavation. Il est nécessaire d’évaluer si les habitats naturels peuvent s’adapter aux nouvelles conditions et au besoin, prévoir les ressources nécessaires pour éviter les perturbations inutiles.

Produits secondaires ou métabolites

Aucun produit secondaire ou métabolite n’est généré par l’excavation des sédiments. De tels produits peuvent être générés par la technologie de traitement secondaire sélectionnée pour le traitement des sédiments excavés. L’excavation peut théoriquement introduire de l’oxygène dans des milieux anaérobies, entraînant des changements localisés à la géochimie du milieu comme au taux d’acidité (pH) ou à l’état d’oxydation (Eh). En revanche, peu d’effets nuisibles ont été documentés.

Limitations et effets indésirables de la technologie

  • L’excavation ne convient pas aux situations suivantes :
    • Lieux où une faible contamination s’étend sur une vaste superficie, en couches minces ou inégalement selon les endroits;
    • Lieux où il est difficile ou impossible de rediriger un plan d’eau, par exemple lorsque celui-ci est très profond ou soumis à de forts courants;
    • Lieux où les sédiments sont entourés d’une infrastructure ou de services publics importants (par exemple, infrastructure submergée, restrictions en hauteur, débris ou rochers de grandes dimensions);
    • Endroits où l’on trouve des munitions explosives non explosées, comportant un risque de détonation accidentelle.

 

  • L’excavation présente des défis dans les circonstances suivantes :
    • Lieux comportant une pente importante ou dans lesquels la faible résistance au cisaillement des sédiments ne leur permet pas de supporter le poids de la machinerie d’excavation, ce qui peut se traduire par une défaillance des structures;
    • Sédiments contaminés se trouvant dans des crevasses du substratum rocheux et ne pouvant ainsi être extraits par la machinerie d’excavation;
    • Lieux où la remontée d’eau souterraine est importante ou qui sont fréquemment soumis à des pluies abondantes;
    • Lieux où pourraient se trouver des ressources d’ordre culturel ou archéologique;
    • Lieux situés à de grande distance des sites de traitement et d’élimination des sédiments contaminés.

 

  • L’excavation peut présenter les effets indésirables suivants :
    • Perte complète de la communauté benthique, la régénération peut s’étaler sur plusieurs années suivant les travaux;
    • Perturbations physiques comme des affaissements ou des effondrements, causés par l’excavation et le transport;
    • En redirigeant le débit d’un plan d’eau autour d’une zone d’excavation, il est possible de causer un affouillement ou modifier la morphologie des chenaux dans les environs;
    • Modification du comportement du plan d’eau : capacité de maîtriser les inondations, qualités esthétiques, possibilités de navigation et d’amarrage;
    • Émission de poussières ou de la volatilisation de certains contaminants lors de la manipulation des sédiments;
    • Changement des conditions géochimiques du milieu qui pourraient favoriser des réactions indésirables comme la précipitation de certains métaux ou encore le drainage acide par oxydation de minéraux sulfurés par exemple.

Technologies complémentaires améliorant l’efficacité du traitement

Traitements secondaires requis

Selon le type de contaminants présents dans les sédiments, plusieurs types de traitements secondaires peuvent être utilisés pour la décontamination des sédiments excavés. Plusieurs technologies ont été présentées dans les fiches descriptives telles que les suivantes :

Remarque :

L’eau retirée de la zone d’excavation et/ou celle qui a été extraite par déshydratation pourraient nécessiter un traitement avant d’être rejetées dans l’environnement.

Exemples d'application

Les liens suivants présentent des exemples d’applications :

Performance

L’excavation est une méthode efficace pour l’enlèvement des sédiments contaminés. La performance de cette technologie dépend toutefois du traitement effectué sur les sédiments par la suite. Elle offre une extraction très précise des sédiments contaminés, car la zone est visible et accessible avec la machinerie d’excavation courante. Les problèmes de particules en suspension associés à l’assainissement par dragage, une autre méthode courante, peuvent être réduits grâce à l’excavation puisqu’elle utilise des moyens de confinement des sédiments et s’applique sur une zone asséchée.

Mesures pour améliorer la durabilité de la technologie et/ou favoriser l’assainissement écologique

  • Utilisation d’énergie renouvelable et d’équipement à faible consommation d’énergie pour la mise en œuvre de la technologie;
  • Diminution de la consommation de carburant (et utilisation de l’énergie renouvelable, lorsque disponible) pour les véhicules et la machinerie lourde;
  • Optimisation du calendrier afin de favoriser le partage des ressources et réduire le nombre de jours de mobilisation;
  • Capture et déplacement des espèces en péril et des habitats sensibles susceptibles d’être affectés par les travaux d’excavation;
  • Réalisation des travaux durant les périodes de faible risque pour le poisson et son habitat;
  • Détermination des ressources associées à la réglementation (par exemple, permis de pêche) pour le site, des vulnérabilités et des mesures d’évitement ou d’atténuation appropriées;
  • Recours à des mécanismes faits sur mesure pour prévenir la remise en suspension des sédiments (par exemple un rideau de turbidité);
  • Réduction au minimum de l’extraction de sédiments non contaminés grâce à une précision de la localisation de l’enclave de contamination;
  • Réduction au minimum de la quantité de sédiments expédiée aux installations d’élimination en séparant les sédiments propres des contaminés par des méthodes de ségrégation et de tamisage par exemple;
  • Réduction du volume de contaminants à éliminer grâce à un prétraitement chimique et/ou à la déshydratation, si possible;
  • Mise en place des mesures d’atténuation afin de minimiser les impacts possibles causés par l’émission de poussières, l’érosion des sols et les eaux non contrôlées;
  • Vérification des possibilités de réutilisation des sédiments avant de sélectionner une méthode de traitement ou d’élimination;
  • Traitement des sédiments et des eaux usées et les éliminer sur place, si possible.

Impacts potentiels de l'application de la technologie sur la santé humaine

Impacts potentiels sur la santé humaine

Le tableau ci-contre présente les voies d’exposition mineures et majeures potentielles pour la santé humaine.

Déclencheurs des voies d’exposition (étapes de l’assainissement)

Milieu de résidence ou de transport

Voies d’exposition du public (sur place et hors site)

Surveillance

Mesures d’atténuation selon le milieu de résidence ou de transport

Déplacement du plan d’eau

Assèchement de la zone

Eau souterraine

(migration/lixiviation des contaminants)

Ingestion d’eau potable

Suivi de la qualité des eaux souterraines

 Poussières

  • Limiter la vitesse des équipements.
  • Limiter les mouvements de l’équipement pendant les périodes sèches et venteuses.
  • Asperger d’eau les matériaux secs.
  • Couverture de l’empilement et utilisation d’eau et/ou d’amendements chimiques.
  • Atténuer les effets aussi près de la source que possible.
  • Surveillance à la source, à la limite de l’installation et/ou au niveau du récepteur.
  • Éducation du personnel concernant la sécurité et fournir au personnel les équipements de protection individuelle et le matériel de secours approprié (par exemple, des douches oculaires).
  • Sélection d’amendements non toxiques, dans la mesure du possible.
  • Suivi des mesures en place pour l’entreposage et la manutention en toute sécurité afin de réduire au minimum l’exposition, tel que l’énoncent les fiches techniques sur la sécurité du matériel.

Vapeurs

  • Limiter les aires ouvertes de travaux et d’entreposage, recouvrir les piles.
  • Structures temporaires de contrôle d’émissions.
  • Récupérer les vapeurs à la source et réaliser le traitement.
  • Port d’équipement de protection individuel (masque de protection contre les vapeurs).

Eau de surface

  • Installation de clôtures, limiter l’utilisation du site et la signalisation.
  • Couvrir les piles de matériaux entreposées.
  • Surveillance de la charge sédimentaire aux sources d’eau de surface.
  • Collecter et traiter l’eau contaminée.
  • Mise en place d’un plan de gestion des eaux pluviales.

Eau souterraine

  • Contrôles institutionnels.

Animaux et plantes

  • Laver les aliments avant la consommation.
  • Ne pas irriguer ou utiliser l’eau traitée pour l’irrigation.
  • Implication des parties prenantes.
  • Installation de clôtures, limiter l’utilisation du site et la signalisation.
  • Contrôles institutionnels.

Eau de surface

(ruissellement menant à une sédimentation dans les eaux de surface)

Contact cutané

Ingestion d’eau potable

Suivi de la qualité des eaux de surface

Animaux et plantes (incluant les poissons, les mollusques et crustacés et la faune sauvage)

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi des tissus d’animaux et de plantes

Préparation du site

Excavation

Poussières

Inhalation de poussières

Ingestion accidentelle

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi des poussières

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Entreposage des sédiments asséchés

Chargement pour transport

 

Poussières

Inhalation de poussières

Ingestion accidentelle

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi des poussières

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Sédiments

Ingestion accidentelle

Contact cutané

Suivi des poussières

Suivi de la qualité des eaux de surface

Suivi de la qualité des eaux souterraines

Eau souterraine

(ruissellement et érosion des sédiments)

Ingestion d’eau potable

Suivi de la qualité des eaux souterraines

Eau de surface

(ruissellement et érosion des sédiments)

Contact cutané

Ingestion d’eau potable

Suivi de la qualité des eaux de surface

Animaux et plantes (incluant les poissons, les mollusques et crustacés et la faune sauvage)

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi des tissus d’animaux et de plantes

Impacts potentiels sur le milieu aquatique

L’excavation des sédiments et le détournement de l’eau pourraient avoir un effet non négligeable sur les communautés aquatiques, les communautés terrestres, les habitats, les sources nutritionnelles, les niveaux de nutriments et les concentrations en oxygène. Il faut compter des mois, voire des années, pour une récupération complète.

L’excavation peut entraîner la remise en suspension des sédiments, ce qui pourrait libérer les contaminants dans la colonne d’eau. Pour atténuer ce problème, il est possible de modifier la conception du projet et sa mise en œuvre (échéancier et étapes). Les clôtures anti-érosion et différents rajustements à l’exploitation (ralentissement du déplacement du godet, arrêt des travaux quand le vent est violent, etc.) sont des méthodes à envisager pour prévenir la remise en suspension des sédiments dans la colonne d’eau.  

Il est possible d’atténuer les effets négatifs sur ses éléments en réalisant au préalable des études pilotes et des études sur place. Ces études permettent de déterminer si l’excavation risque de créer des effets inacceptables pour les communautés et s’il y a des espèces en péril sur le site. Selon les études, il pourrait être nécessaire d’exclure la réhabilitation du site par excavation. Si de l’excavation est réalisée quand même, il pourrait être nécessaire de mettre en place des éléments de compensation et/ou de contrôle comme le déplacement temporaire des communautés.

Des suivis à court et à long terme à la suite des travaux de réhabilitation doivent être instaurés pour s’assurer de la restauration du site. Ces activités viseront notamment la toxicité des sédiments résiduels et propres, le rétablissement de la communauté benthique, la présence de contaminants bioaccumulables et les concentrations de contaminants dans le tissu des poissons. Par ailleurs, le rétablissement des milieux benthique et aquatique pourrait être avantagé par la remise en place de débris volumineux et de rochers. Les organismes aquatiques y trouveront un abri, ce qui encouragera le retour au site après la fin des travaux.

Références

Auteurs et mises à jour

Fiche rédigée par : Bruno Vallée M.Sc, LVM inc.

Mise à jour par : Ashley Hosier, P.Eng. Royal Military College of Canada

Date de mise à jour : 24 novembre 2016

Dernière mise à jour par : Frédérick de Oliveira, Frédéric Gagnon and Sylvain Hains. WSP Canada Inc.

Date de dernière mise à jour :31 mars 2024

Version :
1.2.7.1