Fiche descriptive : Mise en dépôt aquatique confiné et installations de confinement actif – sédiments

De : Services publics et Approvisionnement Canada

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Description

Cette technologie inclut des structures de confinement des sédiments contaminés afin de limiter la propagation des contaminants dans l’environnement. Il existe deux options principales de confinement pour gérer les sédiments contaminés in situ :

  • Les cellules de mise en dépôt aquatique confiné (MDAC) :
    • Les cellules de MDAC renvoient au recouvrement subaquatique de sédiments dragués et excavés, lorsqu’ils sont placés au sein d’une dépression naturelle ou artificielle dans le fond marin. Les sédiments compactés sont ensuite recouverts par des sédiments propres, des géotextiles ou des structures actives;
    • Les cellules de MDAC sont conçues pour être établies dans le profil existant du fond de l’environnement aquatique, tandis que le recouvrement subaquatique élève le profil du fond par l’épaisseur totale de la couche de recouvrement et par les sédiments contaminés qui se trouvent en dessous de cette dernière.
  • Les installations de confinement actif (ICA) :
    • Les ICA sont des structures de confinement qui ne sont pas entièrement subaquatique. Les sédiments contaminés demeurent sur place et sont isolés au moyen de structures de confinement.
    • Les ICA peuvent être construites dans les sédiments sur des sites en amont, dans la zone intertidale avec un ou plusieurs côtés dans l’eau ou sous forme d’aire de confinement insulaire.
    • Les ICA sont conçues pour entourer des sédiments hautement contaminés de parois rigides imperméables. Ces parois se prolongent dans les profondeurs des sédiments pour contenir les contaminants et offrir un appui structurel. Les parois s’étendent jusqu’à la surface, créant une capacité de contention des sédiments supplémentaire.
    • Ces parois imperméables peuvent être des parois en palplanches et peuvent comprendre de multiples barrières (par exemple, doubles parois, blindage, remblais de sable) pour prévenir la libération des contaminants.
    • Une fois comblées, les ICA sont recouvertes en utilisant des matériaux semblables aux matériaux de recouvrement classiques (voir la fiche descriptive pour Recouvrement – Sédiments).

Les cellules de MDAC et les ICA permettent de consolider des matériaux hautement contaminés, réduisant ainsi l’empreinte globale d’un site contaminé et supprimant la nécessité de la transformation des contaminants et éliminant les voies d’exposition.

Liens internet :

Mise en œuvre de la technologie

La mise en œuvre de la MDAC peut inclure :

  • La mobilisation, l’accès au site et la mise en place d’installations temporaires;
  • La capture et le déplacement des organismes et de la faune aquatiques habitant la zone d’excavation et/ou de confinement (dans la mesure du possible). Voir les activités touchant les espèces en péril;
  • La délimitation de la contamination, déterminer les « points chauds » en ce qui concerne les contaminants et établir le volume total de matériaux contaminés;
  • L’établissement des exigences et de l’emplacement souhaité pour la MDAC . Lorsqu’il n’existe pas de dépression naturelle, on peut utiliser de l’équipement de dragage ou d’excavation standard pour créer une dépression;
  • Le retrait des sédiments souvent par dragage ou excavation;
  • Des systèmes de traitement de l’eau de transport de la drague;
  • Le dépôt des sédiments propres enlevés durant la création d’une dépression pour la MDAC sur le site. Les sédiments propres peuvent être utilisés comme matériau de recouvrement une fois que la cellule a été comblée;
  • La mise en place des sédiments contaminés dans la cellule de MDAC , puis l’établissement et la consolidation de ceux-ci;
  • L’application d’une couche de recouvrement de la cellule. L’implantation de la couche de recouvrement est semblable à celle utilisée pour un recouvrement classique, où les matériaux sont saupoudrés à la surface de l’eau et s’établissent dans la colonne d’eau. Les matériaux peuvent être appliqués de façon mécanique, soit à partir de la rive, soit à partir d’une barge flottante. Des amendements, comme du charbon actif et des matériaux techniques (par exemple, géotextiles) peuvent être intégrés à la couche de recouvrement pour améliorer le confinement, la rétention ou la dégradation des contaminants;
  • Le prélèvement de plusieurs échantillons en perçant des trous pour établir si les exigences en matière d’épaisseur du recouvrement sont rencontrées;
  • L’application de tous les matériaux de la paroi imperméable nécessaires;
  • La mise en place de tous les mécanismes de contrôle institutionnels nécessaires pour empêcher l’exposition humaine et la recontamination;
  • Le suivi de la zone de dépôt par levés bathymétriques et/ou échantillonnage des sédiments, en vue de s’assurer que l’enclave de contamination a été complètement recouverte;
  • La surveillance à long terme pour s’assurer de l’intégrité du confinement des contaminants et quantifier le flux de contaminants au travers de la cellule, s’assurant ainsi de l’efficacité de la technologie du point de vue environnemental.

La mise en œuvre de l’ ICA peut inclure :

  • La mobilisation, l’accès au site et la mise en place d’installations temporaires;
  • La capture et le déplacement des organismes et de la faune aquatiques habitant la zone d’excavation et/ou de confinement (dans la mesure du possible). Voir les activités touchant les espèces en péril;
  • La délimitation de la contamination, déterminer les « points chauds » en ce qui concerne les contaminants et établir le volume total de matériaux contaminés;
  • La détermination de l’emplacement optimal pour le confinement actif, y compris la superficie globale et la profondeur;
  • La préparation du site, comme l’enlèvement de débris rocheux;
  • L’installation des parois de confinement dans les sédiments;
  • Le retrait de l’eau de l’ ICA , son traitement, si requis, et la remise dans l’étendue d’eau;
  • Des amendements, comme du charbon actif ou des nutriments, dans les sédiments contaminés pour stimuler le processus d’assainissement ou augmenter la rétention;
  • Une fois que l’ ICA est comblée, il est possible de la laisser ouverte, de la couvrir ou de la réadapter dans une surface utilisable. Si l’on réadapte l’installation, il faut consolider et compacter les matériaux internes pour offrir une résistance au cisaillement suffisante selon l’usage projeté;
  • La remise en état du site d’entreposage temporaire (nivellement, pavage, végétalisation, etc.);
  • La mise en place de tous les mécanismes de contrôle institutionnels nécessaires pour empêcher l’exposition humaine et la recontamination;
  • La surveillance de la construction est réalisée durant le placement des matériaux et des structures pour assurer l’exactitude des spécifications de la conception (par exemple, épaisseur des bermes, emplacement de la structure, volume disponible pour le confinement des sédiments);
  • Une surveillance à long terme pour s’assurer de l’intégrité du confinement des contaminants et quantifier le flux de contaminants au travers de l’ ICA , s’assurant ainsi de l’efficacité de la technologie du point de vue environnemental.

Matériaux et entreposage

Les matériaux entreposés sur place comprennent habituellement de faibles quantités de carburant et de lubrifiants, ainsi que diverses fournitures de chantier. Dans le cas de l’ ICA , les matériaux de construction sont aussi entreposés sur le site temporairement (par exemple, palplanche).

De grandes quantités de sédiments propres et contaminés, ainsi que des matériaux sableux et graveleux, sont souvent utilisées dans des projets de Analyses recommandées dans le cadre d’une caractérisation détaillée

Analyses chimiques

  • La concentration des contaminants présents dans les phases :
    • adsorbées
    • dissoutes
    • libres
  • Paramètres de qualité de l’eau de pompage et d’assèchement des sédiments tels que?:
    • Température
    • Oxygène dissous
    • pH
    • Conductivité
    • Turbidité
    • Dureté
    • Solides dissous totaux
    • Matières en suspensions
    • Concentration de divers ions (métaux, nitrites, nitrates, chlorure, ammoniac, méthane dissous, etc.)
  • Conditions géochimiques des sédiments
  • Carbone organique total des sédiments et de l’eau interstitielle

Analyses physiques

  • La présence des liquides en phase non aqueuse (légers ou denses)
  • Contenu en eau des sédiments
  • Distribution granulométrique des sédiments
  • Propriétés géotechniques des sédiments (densité apparente, plasticité, résistance au cisaillement et cohésion)
  • Matières en suspension
  • Répartition des liquides en phase non aqueuse (LPNA)
  • Teneur en matière sèche

Analyse hydrogéologique

  • Vitesse au fond
  • Stress du lit
  • Sédimentation grossière
  • Carottes d’échantillonnage des sédiments
  • Taux des flux des sédiments/de l’eau

Essais recommandés dans le cadre d’une caractérisation détaillée

Essais physiques

  • Essais géotechniques pour déterminer la capacité portante
  • Essais géotechniques en laboratoire pour établir le comportement des sédiments et des matériaux de recouvrement
  • Essais de ségrégation/tamisage pour vérifier si les différentes granulométries permettent de réduire le volume de sédiments à traiter

Essais hydrogéologiques

  • Essai de pompage

Autre information recommandée pour une caractérisation détaillée

Phase II

  • Les conditions climatiques régionales (précipitations, température, etc.)
  • La bathymétrie
  • La caractérisation du milieu physique incluent :
    • la dimension du plan d'eau
    • l'influence des marées
    • le régime des glaces
    • la végétation aquatique
    • la présence de ponts
    • la proximité des terres
    • d'installations maritimes
  • Caractérisation de l’utilisation actuelle et projetée de l’eau de surface et du plan d’eau en général (incluant le tirant d’eau nécessaire pour les bateaux)
  • La présence d’infrastructures de surface et souterraines 
  • La nature de la contamination et la délimitation de son étendue
  • Le potentiel d’érosion
  • La présence de récepteurs connus et potentiels
  • L’évaluation des conditions biologiques et des facteurs écologiques comme la vulnérabilité de l’habitat, la présence de zones protégées, la présence d’espèces en péril
  • La stabilité des pentes et la capacité portante

Phase III

  • La détermination des voies préférentielles de migration des contaminants
  • La connaissance détaillée de la géologie et de l'hydrogéologie incluant :
    • la conductivité hydraulique
    • les fluctuations saisonnières
    • le gradient hydraulique
    • La direction d’écoulement de l’eau souterraine et de l’eau de surface
    • Les courants, l’action des vagues et les profils des marées
    • La perméabilité des sédiments
    • Les pressions hydrostatiques
    • Le bilan hydrique
    • La stabilité du lit
    • L’épaisseur de la colonne d’eau
  • La modélisation géochimique et/ou hydrogéologique
  • L’évaluation des risques d’impacts sur les récepteurs sensibles identifiés
  • Les volumes approximatifs de sédiments et d’eau contaminés

Remarques :

Les courants, l’action des vagues et les profils des marées doivent être connus pour pouvoir estimer la perte potentielle de sédiments et de matériaux de recouvrement dans les eaux sus-jacentes.

Applications

En général, la MDAC et l’ ICA sont les options d’élimination in situ qui s’appliquent bien lorsque les activités de dragage ou d’excavation sont prévues ou ont été menées à bien, et qu’il faut éliminer les sédiments contaminés. Cette méthode d’assainissement convient dans les situations suivantes :

  • Le recours à des installations d’élimination hors site est difficilement réalisable en raison de limites afférentes à ces installations, de leur emplacement et/ou du coût de l’opération;
  • Le recouvrement terrestre, semi-aquatique ou subaquatique sur place, est limité ou impraticable (par exemple, lorsque les modifications aux profondeurs navigables sont restreintes);
  • Il existe une dépression naturelle convenable à proximité du site du dragage ou de l’excavation, ou il existe un emplacement convenable pour la création d’une dépression subaquatique ou d’une ICA ;
  • L’utilisation future du site (navigation, lutte contre les inondations) et la planification prévue de l’infrastructure (jetées, battage de pieux, enfouissement de câbles) sont compatibles avec l’installation d’une cellule de MDAC ou avec une ICA .

Les conditions qui favorisent l’utilisation d’une ICA par rapport à la MDAC sont les suivantes :

  • L’enlèvement d’une partie des sédiments contaminés peut causer des dommages à l’étendue d’eau, ce qui favorise un confinement in situ;
  • Les activités humaines tireraient parti de l’espace utilisable supplémentaire créé grâce à la fermeture et au recouvrement de l’ ICA . Cependant, des mécanismes de contrôle institutionnels (par exemple, des restrictions de la navigation) peuvent être nécessaires si l’on veut éviter que la couche de recouvrement ne soit endommagée par les activités humaines.

Applications aux sites en milieu nordique

  • La technologie est possible en milieu nordique, cependant, les sites éloignés nécessitent une mobilisation plus importante, ce qui entraîne des coûts de surveillance sur place plus élevés. De plus, la disponibilité des équipements est limitée et les fenêtres de travail sont relativement courtes;
  • La construction d’une cellule de MDAC ou d’une ICA nécessite un accès aux matériaux nécessaires pour la structure et le recouvrement, ces matériaux sont plus limités en milieu nordique;
  • Le travail en environnement arctique peut nécessiter l’assistance d’un brise-glace ainsi que d’une surveillance et d’un signalement des conditions de glace, ce qui amplifie considérablement les coûts opérationnels et les exigences organisationnelles;
  • En raison des difficultés à obtenir des résultats d’analyse en temps opportun, il peut être nécessaire de procéder au dépistage sur le terrain, de planifier des interventions progressives et/ou de mettre en place une approche de gestion des risques;
  • La conception de la MDAC et de l’ ICA doit tenir compte de processus comme l’érosion par la glace, qui sont communs dans les environnements côtiers de l’Arctique;
  • Les systèmes de traitement des eaux en milieux nordiques requièrent une conception appropriée au climat, incluant une considération pour les changements saisonniers ainsi que le ravitaillement en carburant, etc.;
  • La technologie peut nécessiter l’imposition de restrictions et/ou de limitations sur la consommation alimentaire d’organismes du plan d’eau. Par exemple, les communautés locales pourraient compter sur les espèces aquatiques pour leur alimentation et des restrictions pourraient présenter des impacts significatifs sur ces communautés.
  • La surveillance de la cellule de MDAC ou de l’ ICA après la phase de construction est également extensive, exigeant des mises à l’essai régulières de l’épaisseur de la cellule et des concentrations de contaminants. Le transport de l’équipement et de la main-d’œuvre nécessaires à la surveillance du site est coûteux et présente des difficultés d’ordre logistique.

Type de traitement

Type de traitement
Type de traitementS’applique ou Ne s’applique pas
In situ
S’applique
Ex situ
Ne s’applique pas
Biologique
Ne s’applique pas
Chimique
Ne s’applique pas
Contamination dissoute
S’applique
Contamination résiduelle
S’applique
Contrôle
S’applique
Phase libre
Ne s’applique pas
Physique
S’applique
Résorption
Ne s’applique pas
Thermique
Ne s’applique pas

État de la technologie

État de la technologie
État de la technologieExiste ou N'existe pas
Démonstration
Existe
Commercialisation
Existe

Contaminants ciblés

Contaminants ciblés
Contaminants ciblésS'applique, Ne s'applique pas ou Avec restrictions
Biphényles polychlorés
S'applique
Chlorobenzène
S'applique
Composés inorganiques non métalliques
S'applique
Composés phénoliques
Avec restrictions
Explosifs
Avec restrictions
Hydrocarbures aliphatiques chlorés
S'applique
Hydrocarbures aromatiques monocycliques
Avec restrictions
Hydrocarbures aromatiques polycycliques
S'applique
Hydrocarbures pétroliers
S'applique
Métaux
S'applique
Pesticides
S'applique

Remarques:

Les conditions au sein des cellules de MDAC et des ICA deviennent souvent anaérobies ou anoxiques. Le manque d’oxygène peut se traduire par la dégradation lente de contaminants comme le méthylmercure ou les BPC .

Durée du traitement

Durée du traitement
Durée du traitementS’applique ou Ne s’applique pas
Moins de 1 an
S’applique
1 à 3 ans
S’applique
3 à 5 ans
S’applique
Plus de 5 ans
Ne s’applique pas

Remarques :

Le temps requis pour achever les activités d’assainissement varie selon la portée du projet. Le volume de contaminants, la distance de transport requise (depuis le lieu du dragage jusqu’à l’emplacement de la cellule de MDAC ) et l’utilisation ou la création d’une dépression sous-marine sont tous des facteurs qui influent sur le temps requis. La conception et la construction de l’ ICA exigent des efforts importants, et il peut falloir des années avant que la structure ne soit construite et comblée.

Considérations à long terme (à la suite des travaux d'assainissement)

Pour toute technologie in situ, il est nécessaire d’exercer une surveillance continue pour s’assurer de l’intégrité de la couche de recouvrement et/ou de la structure active. Les paramètres de la surveillance comprennent l’intégrité de la cellule, le flux d’advection au travers de la cellule de MDAC et de l’ ICA , ainsi que la migration des contaminants. La surveillance peut aussi inclure le rétablissement de la communauté benthique, des mesures étant prises pour évaluer l’abondance des principaux groupes taxonomiques et la diversité de la communauté benthique. L’efficacité de la cellule de MDAC et de l’ ICA doit faire l’objet d’une surveillance jusqu’à ce que tous les objectifs de l’assainissement aient été remplis. Une surveillance fréquente doit être exercée durant les six premiers mois après la fermeture minimalement, période durant laquelle des défaillances de la couche de couverture ont le plus de risques de se produire. Par la suite, un suivi périodique à long terme (par exemple, annuel) doit être mis en place. Il faut préparer et financer des plans de surveillance et d’entretien de la cellule de MDAC et de l’ ICA aussi longtemps que les risques associés aux contaminants perdurent.

Des mécanismes de contrôle institutionnels seront requis pour limiter l’incidence des activités humaines dans le secteur. Parmi ces mécanismes figurent des limitations au développement de l’infrastructure ainsi qu’aux utilisations à des fins de navigation ou à des fins récréatives.

Produits secondaires ou métabolites

Les sédiments confinés peuvent présenter des conditions anaérobies ou anoxiques au sein des cellules de MDAC et des ICA . La décomposition des composés organiques au sein de la cellule peut mener à la production de sulfure, de méthane et/ou d’autres gaz. L’accumulation et la libération de gaz en dessous de la couche de couverture peuvent causer des fissures ou des lézardes qui peuvent altérer l’intégrité de la couche de couverture ou de l’installation de confinement. Lorsque l’on s’attend à une quantité importante de libération de gaz, des évents ou un système actif de captage des gaz peuvent être intégrés à la conception de la couche de recouvrement.

Des produits secondaires peuvent être générés par la technologie de traitement des eaux de transport sélectionnée.

Limitations et effets indésirables de la technologie

  • La MDAC et l’ ICA ne conviennent pas aux situations suivantes :
    • Profondeur et énergie de l’eau (par exemple, courants) importantes à un point tel qu’elles empêchent le placement contrôlé des sédiments et des matériaux de recouvrement. Les limitations de la profondeur sont semblables à celles qui sont associées au recouvrement in situ (inefficace à plus de 15 mètres de profondeur);
    • Les zones avec une importante vitesse d’écoulement des eaux souterraines ne sont pas appropriées, car les remontées d’eau peuvent nuire à l’intégrité de la cellule de MDAC / ICA , causant des libérations inacceptables de contaminants;
    • De trop grandes quantités de sédiments propres sont nécessaires pour le recouvrement des cellules de MDAC ou des ICA ;
    • Pour les sédiments ayant une faible résistance au cisaillement, car ceux-ci peuvent ne pas supporter la création d’une dépression et pourraient continuer à s’affaisser sur eux-mêmes durant la construction et le remplissage. La résistance au cisaillement des sédiments doit être suffisante pour soutenir les parois de confinement d’une ICA ;
    • Endroits où l’on trouve des munitions explosives non explosées (UXO), comportant un risque de détonation accidentelle.

 

  • La MDAC et l’ ICA présentent des défis plus importants dans les circonstances suivantes :
    • Lieux où la création d’une cellule de MDAC ou d’une ICA pourrait causer la destruction de la communauté benthique et des habitats connexes qui sont présents sur place;
    • Les événements météorologiques extrêmes (tempêtes, inondations et tremblements de terre), de même que les embâcles et l’affouillement glacial, sont susceptibles de compromettre la stabilité d’un recouvrement de sédiments. Il y a ainsi un potentiel de réintroduction des contaminants (après une perturbation importante de la structure du recouvrement);
    • Profondeur du substrat rocheux pouvant limiter le volume possible d’entreposage dans une cellule de MDAC et le placement des parois de confinement associées à une ICA ;
    • Chenaux étroits limitant la profondeur disponible pour une conception de MDAC , exigeant que les parois de la cellule affichent une pente marquée;
    • Conception initiale de la cellule de MDAC ou de l’ ICA non suffisante pour contenir tout le volume de sédiments exigeant une nouvelle conception;
    • La production de gaz sous le recouvrement pourrait nécessiter des mesures additionnelles de gestion.

 

  • La MDAC et l’ ICA peuvent présenter les effets indésirables suivants :
    • Pertes, réexposition ou perturbation des contaminants;
    • Risque de libération ou de remise en suspensions des contaminants durant la manipulation et le placement des sédiments contaminés. La libération ou la remise en suspension des contaminants peuvent créer des voies d’exposition, menant à une absorption accrue par les communautés benthiques et aquatiques;
    • Limites aux utilisations futures du site et à la profondeur navigable disponible. Les ICA s’étendent habituellement vers les niveaux de surface ou au-dessus de ceux-ci, ce qui augmente l’empreinte de la zone terrestre environnante, mais qui a une incidence sur la profondeur navigable;
    • Limite à la capacité d’une voie d’eau de supporter les inondations;
    • Lorsque la cellule de MDAC ou l’ ICA s’approchent de leur capacité, il est possible que des matières contaminées surgissent hors de la cellule, ce qui pourrait se traduire par la libération de contaminants dans la colonne d’eau. La colonne d’eau doit faire l’objet d’une surveillance dans tous les cas où des contaminants surgissent.

Technologies complémentaires améliorant l’efficacité du traitement

Les cellules de MDAC peuvent comprendre des structures actives qui améliorent la robustesse et la stabilité physiques ainsi que la capacité de confinement. Les ICA peuvent intégrer des options structurelles et mécaniques, comme des géotextiles et le blindage, pour améliorer le confinement et la stabilité structurelle. Les sédiments contenus dans ces technologies peuvent être combinés avec d’autres techniques de traitement in situ, tels que les suivants :

Traitements secondaires requis

Aucun traitement secondaire n’est requis si la cellule de MDAC ou l’ ICA atteignent les objectifs de l’assainissement. Cependant, à la suite des travaux, il peut y avoir formation de gaz sous le recouvrement. Un traitement secondaire peut être envisagé à long terme pour contrôler ces émissions de gaz dans l’environnement.

Exemples d'application

Les liens suivants présentent des exemples d’applications :

Performance

Il a été démontré que les cellules de MDAC et les ICA permettent de confiner de façon efficace les sédiments contaminés et de réduire les occurrences de rejets de contaminants dans l’étendue d’eau. Ainsi, le rendement à long terme est relié au confinement soutenu et assuré par l’entremise d’une surveillance continue. Comme pour le recouvrement in situ, les cas de défaillance sont les plus fréquemment observés durant les six premiers mois après la fermeture. Dans certains cas, le rendement a été touché par l’interférence humaine. Par exemple, l’utilisation de turbines à hélice à proximité d’une cellule de MDAC s’est traduite par le déplacement des matériaux de recouvrement dans les sites qui affichaient des mécanismes de contrôle institutionnels mal maintenus.

Mesures pour améliorer la durabilité de la technologie et/ou favoriser l’assainissement écologique

  • Utilisation d’énergie renouvelable et d’équipement à faible consommation d’énergie pour la mise en œuvre de la technologie;
  • Diminution de la consommation de carburant (et utilisation de l’énergie renouvelable, lorsque disponible) pour les véhicules et la machinerie lourde;
  • Optimisation du calendrier afin de favoriser le partage des ressources et réduire le nombre de jours de mobilisation;
  • Capture et déplacement des espèces en péril et des habitats sensibles susceptibles d’être affectés par les travaux de réhabilitation;
  • Réalisation des travaux durant les périodes de faible risque pour le poisson et son habitat;
  • Réalisation des travaux hors des périodes sensibles (frai, pêche commerciale, etc.);
  • Détermination des ressources associées à la réglementation (par exemple, permis de pêche) pour le site, des vulnérabilités et des mesures d’évitement ou d’atténuation appropriées;
  • Recours aux services et aux fournisseurs de services locaux;
  • Conception du recouvrement pour réduire la production possible de gaz à effet de serre dans les sédiments sous le recouvrement;
  • Conception du recouvrement permettant d’améliorer la qualité de l’habitat aquatique (augmentation de la valeur écologique du milieu);
  • Utilisation de matériaux de même composition et ayant des caractéristiques similaires que les sédiments d’origines afin de favoriser la reprise des habitats par les organismes vivants;
  • Recours à des mécanismes faits sur mesure pour prévenir la remise en suspension des sédiments;
  • Installation de la cellule de MDAC à proximité de l’endroit où les sédiments sont enlevés, réduisant ainsi la distance requise pour le transport des matières dans l’eau;
  • Intégration des sédiments dragués propres (par exemple, les sédiments enlevés lors de la création d’une dépression pour la MDAC ) dans la couche de recouvrement. Cela permet de réduire les coûts associés au transport des matériaux de recouvrement à partir de l’extérieur du site et au transport de sédiments propres à l’extérieur du site aux fins de réutilisation ou d’élimination;
  • Consolidation des sédiments contaminés au sein de la cellule pour réduire les occurrences de remise en suspension des matières comprises dans la cellule et leur accumulation à l’extérieur de celle-ci;
  • Considération des opportunités de traitement et/ou de réutilisation des sédiments contaminés pour réduire le volume de matériel dans les MDAC et les ICA ;
  • Placement des matériaux de la couche de recouvrement de façon graduelle, afin de réduire le mélange entre les couches.

Impacts potentiels de l'application de la technologie sur la santé humaine

Impacts potentiels sur la santé humaine

Le tableau ci-contre présente les voies d’exposition mineures et majeures potentielles pour la santé humaine.

Déclencheurs des voies d’exposition (étapes de l’assainissement)

Milieu de résidence ou de transport

Voies d’exposition du public (sur place et hors site)

Surveillance

Mesures d’atténuation selon le milieu de résidence ou de transport

Préparation du site

Empilement, chargement et déchargement des matériaux

Poussières

Inhalation de poussières

Suivi des poussières

Poussières

  • Limiter la vitesse des équipements.
  • Limiter les mouvements de l’équipement pendant les périodes sèches et venteuses.
  • Asperger d’eau les matériaux secs.
  • Couverture de l’empilement et utilisation d’eau et/ou d’amendements chimiques.
  • Atténuer les effets aussi près de la source que possible.
  • Surveillance à la source, à la limite de l’installation et/ou au niveau du récepteur.
  • Éducation du personnel concernant la sécurité et fournir au personnel les équipements de protection individuelle et le matériel de secours approprié (par exemple, des douches oculaires).
  • Sélection d’amendements non toxiques, dans la mesure du possible.
  • Suivi des mesures en place pour l’entreposage et la manutention en toute sécurité afin de réduire au minimum l’exposition, tel que l’énoncent les fiches techniques sur la sécurité du matériel.

Vapeurs

  • Limiter les aires ouvertes de travaux et d’entreposage, recouvrir les piles.
  • Structures temporaires de contrôle d’émissions.
  • Surveiller les niveaux de gaz si des évents ont été installés dans le recouvrement.
  • Récupérer les vapeurs à la source et réaliser le traitement.
  • Port d’équipement de protection individuel (masque de protection contre les vapeurs).

Sédiments

  • Station de nettoyage des véhicules à la sortie du site.

Eau de surface

  • Installation de clôtures, limiter l’utilisation du site et la signalisation.
  • Couvrir les piles de matériaux entreposées.
  • Surveillance de la charge sédimentaire aux sources d’eau de surface.
  • Collecter et traiter l’eau contaminée.
  • Mise en place d’un plan de gestion des eaux pluviales.

Eau souterraine

  • Contrôles institutionnels.
  • Surveillance de la qualité de l’eau à l’extérieur de la zone de confinement.

Animaux et plantes

  • Laver les aliments avant la consommation.
  • Ne pas irriguer ou utiliser l’eau traitée pour l’irrigation.
  • Implication des parties prenantes.
  • Installation de clôtures, limiter l’utilisation du site et la signalisation.
  • Contrôles institutionnels.

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Enlèvement des sédiments

Installation et remplissage de la cellule de MDAC et/ou de l’ ICA

 

Poussières

Inhalation de poussières

Suivi des poussières

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Eau souterraine

(contaminée par les sédiments)

Ingestion d’eau potable

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi de la qualité des eaux souterraines

Eau de surface

(intégrité de la cellule de confinement/transfert de contaminant)

Ingestion d’eau potable

Contact cutané

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi de la qualité des eaux de surface

Sédiments

Ingestion accidentelle

Contact cutané

Suivi de la qualité des eaux de surface

Inspection des matériaux de l’installation

Animaux et plantes (incluant les poissons, les mollusques et crustacés et la faune sauvage)

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi des poussières

Suivi de la qualité des eaux de surface

Suivi des tissus d’animaux et de plantes

Collecte et traitement des vapeurs

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Suivi des émissions et seuils critiques

Surveillance

Vapeurs

(émanations de gaz de la cellule de confinement)

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Suivi des émissions et seuils critiques

Eau de surface

(intégrité de la cellule de confinement/transfert de contaminant)

Ingestion d’eau potable

Contact cutané

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi de la qualité des eaux de surface

Inspection des matériaux de l’installation

Suivi des tissus d’animaux et de plantes

 

Impacts potentiels sur le milieu aquatique

La construction d’une cellule de MDAC ou d’une ICA s’accompagne d’une perturbation importante de la communauté benthique, de sorte qu’il faut éviter, si cela est possible, de placer une cellule de MDAC ou une ICA dans une zone comprenant des habitats sensibles. Les organismes et les habitats qui se trouvent sur le site d’une cellule de MDAC ou d’une ICA doivent être déplacés avant les travaux. Les activités de construction pourraient se traduire par des changements dans l’apport en nutriments, la température et la composition chimique du milieu environnant, ce qui conduira inévitablement à un certain degré de mortalité benthique et de perte d’habitats.

Il convient d’évaluer l’ampleur des impacts sur les organismes benthiques et aquatiques, et d’étudier des méthodes susceptibles d’atténuer ces impacts. Parmi les exemples d’efforts d’atténuation figurent des changements au plan du projet (par exemple, dimension temporelle et taux d’enlèvement des sédiments) et à sa conception (par exemple, types de matériaux utilisés et méthodes de placement).

Des plans de suivi à court et à long terme devraient être élaborés pour l’entretien permanent du site. Ces activités viseront notamment le rétablissement de la communauté benthique, la présence de contaminants bioaccumulables et les concentrations de contaminants dans le tissu des poissons.

Il est possible de réduire au minimum les répercussions des activités de dragage avec une planification et une efficacité opérationnelle améliorées, réduisant la remise en suspension et le rejet de contaminants provoqués par les activités de dragage. Les méthodes éprouvées pour ce qui est de limiter la remise en suspension des sédiments comprennent la sélection de l’équipement en fonction de la conception de la drague, un dragage plus lent (comparé au dragage des voies navigables), le dragage dans des eaux de faible énergie et l’utilisation d’équipement géospatial afin d’accroître l’exactitude des mouvements de la drague.

De plus, afin de limiter la quantité de matières en suspension lors du recouvrement de la cellule, il convient de placer les matériaux de la couche de recouvrement de façon graduelle et lente.

Références

Auteurs et mises à jour

Fiche rédigée par : Ashley Hosier, P.Eng. Royal Military College of Canada

Mise à jour par : Frédérick de Oliveira, Frédéric Gagnon and Sylvain Hains. WSP Canada Inc.

Date de mise à jour : 3 février 2017

Dernière mise à jour par : Juliette Primard, Frédéric Gagnon and Sylvain Hains. WSP Canada Inc.

Date de dernière mise à jour :31 mars 2024

Version :
1.2.7.1