Fiche descriptive : Recouvrement – Sédiments

De : Services publics et Approvisionnement Canada

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Description

Le recouvrement est une technologie de confinement qui consiste à isoler les sédiments contaminés du milieu aquatique environnant à l’aide de couches propres de matériaux géologiques et/ou de revêtements synthétiques. En isolant les sédiments contaminés et en réduisant considérablement le processus de transport des sédiments par l’eau, le recouvrement élimine rapidement les voies d’exposition entre les contaminants et le milieu naturel, évitant ainsi la contamination de celui-ci.

On parle de recouvrement conventionnel ou in situ quand les matériaux de recouvrement constituent une barrière passive pour les sédiments et l’eau. Les recouvrements peuvent être perméables, semi-perméables ou imperméables. La surface de la couche de recouvrement peut également être conçue de façon à améliorer la valeur écologique du substrat en servant d’habitat à la faune et à la flore indigènes.

Lorsque le recouvrement ne suffit pas à gérer les objectifs d’assainissement, des amendements peuvent être intégrés aux matériaux de recouvrement, afin d’en améliorer l’efficacité, on parle alors de recouvrement avec amendements.

Le principe du recouvrement se base à la fois sur la stabilisation des sédiments, l’isolation physique entre les sédiments et le milieu aquatique et l’isolation chimique, qui réduit les réactions chimiques et le transfert entre les contaminants et l’eau interstitielle et sus-jacente.

Liens Internet :

Mise en œuvre de la technologie

La mise en œuvre de cette technologie peut inclure :

  • La mobilisation, l’accès au site et la mise en place d’installations temporaires;
  • La capture et le déplacement des organismes et de la faune aquatique habitant la zone de recouvrement prévue (dans la mesure du possible). Voir les activités touchant les espèces en péril;
  • L’évaluation des méthodes d’installation pour réduire au minimum la bioturbation potentielle du biote indigène;
  • L’évaluation de la possibilité de mettre en place le recouvrement sur le site selon les utilisations actuelles et futures;
  • La conception du recouvrement qui peut inclure différentes composantes, par exemple :
    • La stabilisation des sédiments contaminés qui vise à protéger les sédiments des forces d’érosion par l’enrochement (pose de gravier ou de pierres), dans le but de prévenir la remise en suspension et le transport des contaminants vers d’autres sites;
    • L’isolation physique des sédiments contaminés qui vise à réduire l’interaction et le contact avec la communauté benthique, le principal moyen de transport des contaminants et de transfert trophique;
    • L’isolation chimique des sédiments contaminés qui vise à réduire les réactions chimiques et le transfert entre les contaminants et l’eau interstitielle et sus-jacente. Le risque de flux de contaminants dans la zone biologiquement active est ainsi réduit.
  • La préparation du site pour l’installation du recouvrement, ce qui peut comprendre le dragage, le traitement in situ des contaminants ou le déplacement/relocalisation des habitats et des espèces;
  • La mise en place d’un réseau de surveillance et d’échantillonnage à long terme afin d’évaluer l’efficacité et l’intégrité du recouvrement, ainsi que le rétablissement de l’écosystème;
  • L’utilisation d’évents pour gérer les émissions gazeuses dans les zones de décomposition organique importante, où l’accumulation et l’effervescence de gaz peuvent créer des fentes et des fissures dans le recouvrement;
  • La remise en état du site (nivellement, végétalisation, etc.).

Matériaux et entreposage

Les recouvrements peuvent être perméables, semi-perméables ou imperméables. Les options quant aux matériaux de recouvrement comprennent les sédiments propres, le limon, le sable ou le gravier, ainsi que des matériaux imperméables comme l’argile. L’entreposage sur le site peut inclure ces matériaux, des carburants, des lubrifiants, des amendements et autres matériaux de chantier requis pour l’opération de la machinerie et de l’équipement pour la mise en œuvre de la technologie.

De plus, des couches synthétiques spécialisées (comme des géomembranes) peuvent être utilisées en combinaison avec des matières naturelles afin d’accroître l’efficacité des recouvrements.

Des géosynthétiques sont parfois déployés sur des sédiments à faible dispersion afin de soutenir les matériaux de recouvrement utilisés. Une couche d’enrochement protectrice, souvent constituée d’un matériau grossier (gravier, pierres) peut être installée sur les matériaux de recouvrement (sable) afin de prévenir la mise en suspension et l’érosion de la couche de recouvrement dans les zones instables (comme les endroits vulnérables à l’érosion). Ces matériaux doivent être empilés et recouverts sur le site, afin de réduire au minimum la poussière et de les protéger contre les précipitations.

Lorsque le recouvrement comprend des systèmes de traitement des vapeurs et/ou des eaux, l’installation mobile et les amendements peuvent être entreposés sur le site.

Résidus et rejets

Les matériaux de recouvrement excédentaires peuvent être réutilisés ou éliminés selon les lignes directrices locales en matière d’élimination des déchets et/ou matière résiduelle.

Les matériaux de recouvrement et les amendements solubles et flottants peuvent s’introduire dans la colonne d’eau durant la mise en place, causant une charge accrue dans la colonne d’eau et une possible migration en aval hydraulique. La remise en suspension des contaminants dans la colonne d’eau peut se produire pendant la mise en place du recouvrement des sédiments. La réalisation des travaux devrait se faire à des moments propices afin d’atténuer la migration.

Le ruissellement des eaux de surface provenant des matières non protégées peut pénétrer dans le plan d’eau (si l’entreposage n’a pas été correctement organisé). Ces matières devraient être empilées et recouvertes sur le site et le ruissellement potentiel devrait être recueilli et traité avant d’être rejeté.

La biodégradation des contaminants ou de la matière organique, par exemple, peut occasionner des émanations de gaz (dioxyde de carbone, ammoniaque et méthane ou hydrogène sulfuré) sous le recouvrement. Pour prévenir les rejets de gaz dans l’environnement, les évents devraient être considérés dans la conception des recouvrements où la formation de gaz potentiellement nocifs est un risque.

De plus, il peut y avoir une émission d’effluent gazeux provenant de l’échappement de l’équipement ou d’une volatilisation des contaminants provenant des sédiments contaminés en place avant leur recouvrement. Notons également que les émanations de gaz de sédiments contenant un haut taux de matière organique peuvent entraîner des odeurs parfois désagréables. Les travailleurs qui se trouvent en présence d’odeurs ou de composés volatils doivent prendre des précautions pour prévenir les émanations de gaz, notamment en prévoyant un suivi des concentrations, en portant des équipements de protections individuels adéquats et/ou en réalisant les travaux de recouvrement des sédiments en période froide.

Analyses recommandées dans le cadre d’une caractérisation détaillée

Analyses chimiques

  • pH
  • L'alcalinité
  • La concentration des contaminants présents dans les phases :
    • adsorbées
    • dissoutes
    • libres
  • La concentration des nutriments incluant :
    • l'azote ammoniacal
    • les nitrates
    • les nitrites
    • le phosphore total
    • le potassium
  • Potentiel d'oxydoréduction
  • Solides dissous totaux
  • L’oxygène dissous
  • L’analyse des indicateurs géochimiques des eaux souterraines (pH, potentiel d’oxydoréduction, oxygène dissous, température)
  • L’analyse des indicateurs de biodégradation des eaux souterraines (oxygène dissous, nitrate, sulfate, fer dissous, méthane)
  • Température
  • Carbone organique total des sédiments et de l’eau interstitielle
  • Conductivité électrique

Analyses physiques

  • La présence des liquides en phase non aqueuse (légers ou denses)
  • Contenu en eau des sédiments
  • Distribution granulométrique des sédiments
  • Propriétés géotechniques des sédiments (densité apparente, plasticité, résistance au cisaillement et cohésion)
  • Matières en suspension

Analyse hydrogéologique

  • Vitesse au fond
  • Stress du lit
  • Sédimentation grossière
  • Carottes d’échantillonnage des sédiments
  • Taux des flux des sédiments/de l’eau

Essais recommandés dans le cadre d’une caractérisation détaillée

Essais physiques

  • Essais géotechniques en laboratoire pour établir le comportement des sédiments et des matériaux de recouvrement

Autre information recommandée pour une caractérisation détaillée

Phase II

  • Les conditions climatiques régionales (précipitations, température, etc.)
  • La bathymétrie
  • La caractérisation du milieu physique incluent :
    • Taille du plan d’eau
    • Infuence des marées
    • Régime des glaces
    • Espèces aquatiques
    • Présence de ponts
    • Proximité de structures terrestres et/ou maritimes
  • Caractérisation de l’utilisation actuelle et projetée de l’eau de surface et du plan d’eau en général (incluant le tirant d’eau nécessaire pour les bateaux)
  • La présence d’infrastructures de surface et souterraines 
  • La nature de la contamination et la délimitation de son étendue
  • Le potentiel d’érosion
  • Le taux de dépôt et le transport des sédiments
  • La caractérisation des processus biologiques qui se produisent, ou se sont produits sur le site, susceptibles d’avoir un effet sur les contaminants, ainsi que sur les récepteurs humains et environnementaux
  • La présence de récepteurs connus et potentiels
  • L’évaluation des conditions biologiques et des facteurs écologiques comme la vulnérabilité de l’habitat, la présence de zones protégées, la présence d’espèces en péril
  • La stabilité des pentes et la capacité portante
  • La capacité des sédiments à supporter la charge des matériaux de recouvrement

Phase III

  • La détermination des voies préférentielles de migration des contaminants
  • La connaissance détaillée de la géologie et de l'hydrogéologie incluant :
    • la conductivité hydraulique
    • les fluctuations saisonnières
    • le gradient hydraulique
    • La direction d’écoulement de l’eau souterraine et de l’eau de surface
    • Les courants, l’action des vagues et les profils des marées
    • La perméabilité des sédiments
    • Les pressions hydrostatiques
    • Le bilan hydrique
    • L’épaisseur de la colonne d’eau
  • La modélisation géochimique et/ou hydrogéologique si les sols sont réutilisés sur le site
  • L’évaluation des risques d’impacts sur les récepteurs sensibles identifiés
  • Le bilan de masse en contaminants
  • Les volumes approximatifs de sédiments et d’eau contaminés
  • Le relevé des vapeurs

Applications

Le recouvrement s’applique aux contaminants organiques et inorganiques. Cette méthode présente un potentiel de succès élevé lorsque l’étendue de la contamination est bien définie et à des profondeurs situées entre 1,5 et 15 mètres. Généralement le recouvrement est employé lorsque les contaminants sont présents dans la phase solide des sédiments ou lorsque les contaminants sont adsorbés sur la phase solide. Le recouvrement pourrait également s’appliquer au contrôle de la contamination dissoute dans l’eau interstitielle et à la contamination en phase libre (p. par exemple, le liquide dense en phase non aqueuse). Pour certains types de contaminants, les travaux de démonstration requis peuvent être complexes et coûteux.

Des vérifications périodiques de l’état du recouvrement et la réalisation d’un suivi à long terme sont requises pour assurer l’intégrité et l’efficacité du recouvrement.

Applications aux sites en milieu nordique

  • La technologie est possible en milieu nordique, cependant, les sites éloignés nécessitent une mobilisation plus importante, ce qui entraîne des coûts de surveillance sur place plus élevés. De plus, la disponibilité des équipements est limitée et les fenêtres de travail sont relativement courtes.
  • Le travail en environnement arctique peut nécessiter l’assistance d’un brise-glace ainsi que d’une surveillance et d’un signalement des conditions de glace, ce qui amplifie considérablement les coûts opérationnels et les exigences organisationnelles.
  • En raison des difficultés à obtenir des résultats d’analyse en temps opportun, il peut être nécessaire de procéder au dépistage sur le terrain, de planifier des interventions progressives et/ou de mettre en place une approche de gestion des risques.
  • La technologie peut nécessiter l’imposition de restrictions et/ou de limitations sur la consommation alimentaire d’organismes du plan d’eau. Par exemple, les communautés locales pourraient compter sur les espèces aquatiques pour leur alimentation et des restrictions pourraient présenter des impacts significatifs sur ces communautés.
  • Les zones côtières peu profondes des environnements du Nord sont aussi souvent touchées par l’affouillement glacial des icebergs et de la glace de mer, ce qui limite la faisabilité du recouvrement. Les effets des changements climatiques revêtent une importance particulière pour la gestion à long terme des recouvrements sur les sites nordiques, comme les conditions conceptuelles sont susceptibles d’être modifiées, influant sur la durée de vie du recouvrement.

Type de traitement

Type de traitement
Type de traitementS’applique ou Ne s’applique pas
In situ
S’applique
Ex situ
Ne s’applique pas
Biologique
Ne s’applique pas
Chimique
Ne s’applique pas
Contamination dissoute
S’applique
Contamination résiduelle
S’applique
Contrôle
S’applique
Phase libre
S’applique
Physique
S’applique
Résorption
Ne s’applique pas
Thermique
Ne s’applique pas

État de la technologie

État de la technologie
État de la technologieExiste ou N'existe pas
Démonstration
Existe
Commercialisation
Existe

Contaminants ciblés

Contaminants ciblés
Contaminants ciblésS'applique, Ne s'applique pas ou Avec restrictions
Biphényles polychlorés
S'applique
Chlorobenzène
S'applique
Composés inorganiques non métalliques
S'applique
Composés phénoliques
Avec restrictions
Explosifs
Avec restrictions
Hydrocarbures aliphatiques chlorés
S'applique
Hydrocarbures aromatiques monocycliques
Avec restrictions
Hydrocarbures aromatiques polycycliques
S'applique
Hydrocarbures pétroliers
S'applique
Métaux
S'applique
Pesticides
S'applique

Durée du traitement

Durée du traitement
Durée du traitementS’applique ou Ne s’applique pas
Moins de 1 an
S’applique
1 à 3 ans
S’applique
3 à 5 ans
S’applique
Plus de 5 ans
S’applique

Remarques :

La mise en place prend habituellement d’un à quatre mois. Des inspections fréquentes sont requises durant les six premiers mois, période durant laquelle des défaillances du recouvrement ont le plus de risques de se produire.

Considérations à long terme (à la suite des travaux d'assainissement)

Le recouvrement a relativement peu d’effets néfastes sur le site et donc il y aura peu ou pas de considérations à long terme. En outre, le fait que les sédiments contaminés sont laissés en place, le recouvrement ne nécessite pas le traitement, le transport et l’élimination des sédiments, ce qui est un avantage significatif qui réduit les impacts environnementaux du recouvrement (tels que les gaz à effet de serre et les besoins en énergie).

La plupart des défaillances de l’intégrité du recouvrement se produisent dans les six premiers mois suivant sa pose. Après l’installation du recouvrement, l’environnement naturel exercera une action sur les sédiments et les matériaux de recouvrement, donnant lieu à des changements dans les couches du recouvrement. La bioturbation, l’intrusion d’eaux souterraines, la migration des contaminants et l’érosion peuvent toutes influer sur le succès du recouvrement. Des événements périodiques, tels que des inondations ou des variations du niveau de l’eau, peuvent également entraîner des modifications des couches de recouvrement.

La mise en œuvre de contrôles institutionnels (comme des interdictions d’ancrage ou de chalutage dans la zone recouverte) peut être nécessaire au succès du recouvrement aux endroits où on peut s’attendre à des activités humaines. Ainsi, il est recommandé de réaliser des vérifications périodiques de l’intégrité physique, ainsi qu’un relevé de toute la zone tous les cinq ans.

Produits secondaires ou métabolites

Le recouvrement peut créer des conditions anaérobies dans la couche supérieure des sédiments, entraînant la production de méthane et de sulfure gazeux sous le recouvrement. La biodégradation en anaérobiose de certains composés peut générer des sous-produits dangereux.

Si les sédiments recouverts contiennent du mercure, les conditions du recouvrement pourraient entraîner la transformation de celui-ci en méthylmercure (Randall et al., 2013). Plusieurs autres produits chimiques comportent des métabolites et sous-produits de dégradation dangereux, comme le tétrachloroéthène (PCE), une substance commune utilisée dans le nettoyage à sec, ainsi que le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), un insecticide couramment employé avant 1970.

L’un des enjeux associés à la production de gaz dans les sédiments sous le recouvrement est le risque que cette production de gaz augmente les pressions interstitielles et affecte l’intégrité du recouvrement. Ainsi, des fissures ou des fentes pourraient se former et compromettre la stabilité du recouvrement et la libération des contaminants dans le milieu naturel.

Limitations et effets indésirables de la technologie

  • Le recouvrement ne convient pas aux situations suivantes :
    • Lieux où la contamination n’est pas bien délimitée dans l’ensemble des matrices contaminées;
    • Profondeur du plan d’eau inférieure à 1,5 mètre puisque le recouvrement altérerait considérablement le plan d’eau;
    • Lieux où les besoins en matière d’infrastructure (piliers, pieux, câbles enfouis, etc.) et les utilisations prévues (navigation, lutte contre les inondations, etc.) ne sont pas compatibles avec le recouvrement;
    • Site où la résurgence des eaux souterraines est élevée;
    • Plan d’eau où la zone de marnage est de grande amplitude (plus de 1 cm/jour);
    • Endroits où l’on trouve des munitions explosives non explosées, comportant un risque de détonation accidentelle.
  • Le recouvrement présente des défis dans les circonstances suivantes :
    • Profondeur du plan d’eau supérieure à 15 mètres, puisque les méthodes conventionnelles de mise en place de recouvrements de sables sont inefficaces, l’utilisation d’équipements spécialisés peut être envisagée;
    • Cours d’eau soumis à une érosion rapide;
    • Conditions physiques du site (résurgence des eaux souterraines, potentiel de bioturbation importante, incapacité des sédiments d’origine à supporter le poids du recouvrement et accès requis aux structures sous-marines);
    • Production de gaz sous le recouvrement nécessitant des mesures additionnelles de gestion;
    • Événements extrêmes (tempêtes, inondations et tremblements de terre), de même que les embâcles et l’affouillement glacial, pouvant compromettre la stabilité d’un recouvrement de sédiments.
  • Le recouvrement peut présenter les effets indésirables suivants :
    • Perte de la communauté benthique permanente ou temporaire;
    • Modification des caractéristiques de la voie navigable : réduction de la profondeur navigable, restrictions liées à la navigation et aux activités aquatiques, capacité d’absorption des crues d’une voie navigable;
    • Risque permanent de transfert de contaminants, de réexposition ou de perturbation des sédiments contaminés puisque les contaminants restent sur place;
    • Mise en suspension de sédiments (propres ou contaminés) pendant l’installation du recouvrement.

Technologies complémentaires améliorant l’efficacité du traitement

  • Prétraitement in situ des sédiments;
  • Dragage (zones avec une forte contamination ou mobile);
  • Excavation (zones avec une forte contamination ou mobile);
  • Recouvrement avec amendements.

Le recouvrement avec amendements est considéré comme un recouvrement modifié. Il consiste à intégrer des amendements biologiques et/ou chimiques au matériau de recouvrement. Le recouvrement modifié emploie les mêmes réactifs que la biodégradation, la séquestration et l’oxydation chimique et peut apporter des améliorations semblables à celles associées aux traitements in situ. Les réactifs sont par exemple des adsorbants (par exemple, charbon actif), des oxydants, des réducteurs (comme le fer zérovalent), des nutriments ou des produits qui réduisent la conductivité hydraulique du matériau de recouvrement (comme la bentonite ou les argiles organophiles) et limitent au minimum le transfert de contaminants dans les zones de bioturbation ou dans la colonne d’eau (ITRC 2014).

Traitements secondaires requis

À la suite des travaux, il peut y avoir formation de gaz sous le recouvrement. Un traitement secondaire peut être envisagé à long terme pour contrôler ces émissions de gaz dans l’environnement.

Exemples d'application

Les liens suivants présentent des exemples d’application :

Performance

Le rendement du recouvrement varie en fonction de sa conception, de la consolidation des sédiments, de l’advection, des additifs utilisés (si c’est le cas), des caractéristiques particulières du site et du type de contaminants présents. Pour cette raison, l’efficacité du recouvrement repose sur l’adéquation de la conception et la qualité de l’installation. La durée de vie des projets de recouvrement est tributaire du type et de la quantité de contamination, ainsi que du devenir des contaminants et des mécanismes de transport à l’œuvre dans le recouvrement. L’expérience a montré que la durée de vie prévue était de l’ordre de décennies.

Mesures pour améliorer la durabilité de la technologie et/ou favoriser l’assainissement écologique

  • Utilisation d’énergie renouvelable et d’équipement à faible consommation d’énergie pour la mise en œuvre de la technologie;
  • Diminution de la consommation de carburant (et utilisation de l’énergie renouvelable, lorsque disponible) pour les véhicules et la machinerie lourde;
  • Optimisation du calendrier afin de favoriser le partage des ressources et réduire le nombre de jours de mobilisation;
  • Capture et déplacement des espèces en péril et des habitats sensibles susceptibles d’être affectés par les travaux de réhabilitation;
  • Réalisation des travaux durant les périodes de faible risque pour le poisson et son habitat;
  • Détermination des ressources associées à la réglementation (par exemple, permis de pêche) pour le site, des vulnérabilités et des mesures d’évitement ou d’atténuation appropriées;
  • Utilisation de bancs d’emprunt locaux pour l’approvisionnement en matériaux de recouvrement;
  • Conception du recouvrement pour réduire la production possible de gaz à effet de serre dans les sédiments sous le recouvrement;
  • Conception du recouvrement permettant d’améliorer la qualité de l’habitat aquatique (augmentation de la valeur écologique du milieu);
  • Utilisation de la télémétrie pour la surveillance à distance des traitements secondaires, si applicable, afin de limiter le nombre de visites sur le terrain;
  • Utilisation de matériaux de même composition et ayant des caractéristiques similaires que les sédiments d’origines afin de favoriser la reprise des habitats par les organismes vivants.

Impacts potentiels de l'application de la technologie sur la santé humaine

Impacts potentiels sur la santé humaine

Le tableau ci-contre présente les voies d’exposition mineures et majeures potentielles pour la santé humaine.

Déclencheurs des voies d’exposition (étapes de l’assainissement)

Milieu de résidence ou de transport

Voies d’exposition du public (sur place et hors site)

Surveillance

Mesures d’atténuation selon le milieu de résidence ou de transport

Préparation du site

Poussières

Inhalation de poussières

Suivi des poussières

Poussières

  • Limiter la vitesse des équipements.
  • Limiter les mouvements de l’équipement pendant les périodes sèches et venteuses.
  • Asperger d’eau les matériaux secs.
  • Couverture de l’empilement et utilisation d’eau et/ou d’amendements chimiques.
  • Atténuer les effets aussi près de la source que possible.
  • Surveillance à la source, à la limite de l’installation et/ou au niveau du récepteur.
  • Éducation du personnel concernant la sécurité et fournir au personnel les équipements de protection individuelle et le matériel de secours approprié (par exemple, des douches oculaires).
  • Sélection d’amendements non toxiques, dans la mesure du possible.
  • Suivi des mesures en place pour l’entreposage et la manutention en toute sécurité afin de réduire au minimum l’exposition, tel que l’énoncent les fiches techniques sur la sécurité du matériel.

Vapeurs

  • Limiter les aires ouvertes de travaux et d’entreposage, recouvrir les piles.
  • Structures temporaires de contrôle d’émissions.
  • Surveiller les niveaux de gaz si des évents ont été installés dans le recouvrement.
  • Récupérer les vapeurs à la source et réaliser le traitement.
  • Port d’équipement de protection individuel (masque de protection contre les vapeurs).

Sédiments

  • Station de nettoyage des véhicules à la sortie du site.

Eau de surface

  • Installation de clôtures, limiter l’utilisation du site et la signalisation.
  • Couvrir les piles de matériaux entreposées.
  • Surveillance de la charge sédimentaire aux sources d’eau de surface.
  • Collecter et traiter l’eau contaminée.
  • Mise en place d’un plan de gestion des eaux pluviales.

Eau souterraine

  • Contrôles institutionnels.
  • Surveillance de la qualité de l’eau à l’extérieur de la zone de confinement.
  • Animaux et plantes
  • Laver les aliments avant la consommation.
  • Ne pas irriguer ou utiliser l’eau traitée pour l’irrigation.
  • Implication des parties prenantes.
  • Installation de clôtures, limiter l’utilisation du site et la signalisation.
  • Contrôles institutionnels.

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Installation du recouvrement

Entreposage des matériaux du recouvrement

Poussières

Inhalation de poussières

Suivi des poussières

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Suivi des émissions et seuils critiques

Eau souterraine

(contaminée par les sédiments)

Ingestion d’eau potable

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi de la qualité des eaux souterraines

Eau de surface

(contaminée par les sédiments)

Ingestion d’eau potable

Contact cutané

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi de l’eau résiduelle

Suivi de la qualité des eaux de surface

Inspection des matériaux de recouvrement

Sédiments

Ingestion accidentelle

Contact cutané

Suivi de la qualité des eaux de surface

Inspection des matériaux de recouvrement

Animaux et plantes (incluant les poissons, les mollusques et crustacés et la faune sauvage)

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi des poussières

Suivi de la qualité des eaux de surface

Suivi des tissus d’animaux et de plantes

Suivi et essais sur les sédiments

Collecte et traitement des vapeurs

Vapeurs

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

 

Suivi des émissions et seuils critiques

Surveillance

Vapeurs

(émanations de gaz sous le recouvrement)

Inhalation de vapeurs

Suivi de la qualité de l’air ambiant

Suivi des émissions et seuils critiques

Eau de surface

(Intégrité du recouvrement/transfert de contaminant)

Ingestion d’eau potable

Contact cutané

Consommation d’aliments traditionnels

Suivi de l’eau résiduelle

Suivi de la qualité des eaux de surface

Inspection des matériaux de recouvrement

Suivi des tissus d’animaux et de plantes

Impacts potentiels sur le milieu aquatique

Le recouvrement des sédiments peut entraîner des changements en matière de disponibilité de nutriments et de l’état des habitats pour les espèces aquatiques. Des modifications des conditions géochimiques peuvent aussi survenir (salinité, oxygène dissous et température). Ces changements peuvent conduire à des impacts négatifs pour les espèces aquatiques et entraîner leur déplacement ou une augmentation de leur mortalité.

Les activités et les agents de stress associés au recouvrement des sédiments contaminés susceptibles d’entraîner des répercussions sur les poissons et leur habitat comprennent la mise en place de matériel ou de structures dans l’eau, l’utilisation d’équipement industriel, le retrait de plantes aquatiques, la modification du débit, la modification du passage du poisson et la gestion des débris organiques.

Des mesures d’atténuation peuvent être envisagées afin de réduire la mortalité et de favoriser le réaménagement et la restauration des habitats. Elles comprennent l’utilisation de sédiments de même composition et ayant des caractéristiques similaires que les sédiments d’origines afin de favoriser le réaménagement, ainsi que l’enlèvement et le remplacement des organismes et des habitats menacés ou vulnérables.

Des suivis à court et à long terme à la suite des travaux de réhabilitation doivent être instaurés pour s’assurer de la restauration du site.

Références

Auteurs et mises à jour

Fiche rédigée par : Bruno Vallée M.Sc, LVM inc.

Mise à jour par : Ashley Hosier, P.Eng. Royal Military College of Canada

Date de mise à jour : 3 février 2017

Dernière mise à jour par : Juliette Primard, Frédéric Gagnon and Sylvain Hains. WSP Canada Inc.

Date de dernière mise à jour :31 mars 2024

Version :
1.2.7.1