Fiche descriptive : Anthracène

De : Services publics et Approvisionnement Canada

Découvrez la liste des propriétés chimiques importantes d'un contaminant ainsi que la façon dont il va réagir dans l’environnement, les principales sources de contamination associées et un bref aperçu des questions de santé et sécurité.

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Informations générales

Numéro CAS 

120-12-7

Formule chimique 

C14H10

Masse moléculaire

178,2 g/mol

Famille

Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Propriétés (à la température de la pièce lorsqu’applicable)

Liste des propriétés du composant
ParamètreValeurCommentaire
Point de fusion / ébullition 216 0CSous forme solide
Densité 1,25Coule au fond de l'eau
Pression de vapeur1 x 10 -5 mm HgTrès peu volatil
Densité de vapeur6,15Plus dense que l'air
Solubilité dans l’eau0.03 mg/LTrès peu soluble
Constante, loi de Henry5 x 10-5 atm·m3/molVolatilisation modérée lorsque solubilisé
log Koc (Selon les caractéristiques du sol ou du sédiment)4.8 - 6.8*Adsorption forte sur la matière organique

Comportement environnemental

À 20 0C, l'anthracène est un solide très peu volatil. Très peu soluble, il se volatilise lentement lorsque solubilisé et s'adsorbe très fortement sur la matière organique. Lorsque présent dans le sol, ce produit se volatilise très légèrement ou se solubilise très lentement. La forme soluble peut atteindre la nappe phréatique ou s'écouler vers un cours d'eau où elle se dilue, avant de se volatiliser en partie. Des fragments d'anthracène peuvent aussi être entraînés et se déposer au fond d'un cours d'eau, puis s'y solubiliser très lentement. Une fois la source disparue, la phase adsorbée prend très longtemps avant de disparaître à son tour, libérant les formes gazeuse et soluble du contaminant. Les panaches des phases dissoute et gazeuse ont une taille réduite.

Santé et sécurité

La prudence est de mise, car l’anthracène est toxique.

Sources principales

L'anthracène est un hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP). Les HAP sont un groupe de composés organiques contenant dans leur structure deux anneaux benzéniques ou plus. Les HAP, il y en a plus de 100 différents, se retrouvent rarement à l'état pur, mais plutôt en mélange avec plusieurs autres dans des produits complexes (comme dans la suie par exemple). Les HAP sont présents dans le charbon et le pétrole brut, et sont plus concentrés dans certains de leurs dérivés comme le goudron et le bitume. Des HAP sont générés lorsqu'une combustion est incomplète : cokéfaction du charbon, moteurs à combustion interne, bois qui brûle (feux de forêt, poêles à bois). L'industrie de la préservation du bois (créosote), les alumineries (électrodes Soderberg) et les sites d'élimination des matières dangereuses sont d'autres sources d'HAP dans l'environnement.

L'anthracène est obtenu du goudron. Il est utilisé pour la fabrication d'anthraquinone, un précurseur de nombreux colorants et pigments. L'anthracène est aussi utilisé pour la fabrication de fibres synthétiques, d'insecticides, d'enduits, pour imprimer sur le calicot, comme diluant pour les agents de préservation du bois, comme contre-cristal lors des mesures de scintillation, et pour la recherche (semi-conducteurs, biochimie, cancer). L'anthracène se retrouve aussi, en mélange avec d'autres HAP, dans des produits commerciaux comme le goudron, le brai (« pitch »), la créosote, le bitume et l'asphalte. Le goudron est utilisé comme combustible dans les sidérurgies, est distillé pour donner du brai et de la créosote et a déjà été utilisé à des fins médicales (traitements pour la peau). Le brai est surtout utilisé comme agent liant dans les électrodes pour les alumineries, mais est aussi utilisé sur les toitures, comme enduit et dans bien d'autres applications. La créosote est surtout utilisée pour préserver le bois des traverses de chemin de fer, des poteaux (téléphone, électricité) et des piliers immergés. Le bitume et l'asphalte sont utilisés pour paver les routes, comme enduit pour les tuyaux et comme agents d'insonorisation et d'imperméabilisation.

Références

Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR). 1995. Toxicological Profile for Polycyclic Aromatic Hydrocarbons (PAHs). U.S. Department of Health and Human Services, Public Health Service, Georgia, USA. (consulté en décembre 2013)

Canadian Council of Ministers of the Environment. 1999. Canadian Water Quality Guidelines for the Protection of Aquatic Life: Polycyclic Aromatic Hydrocarbons (PAHs). In: Canadian Environmental Quality Guidelines. Canadian Council of Ministers of the Environment, Manitoba, Canada. (consulté en décembre 2013).

Montgomery, John H. 2007. Groundwater Chemicals, Desk Reference, Fourth Edition, CRC Press, Taylor and Francis Group, Florida, USA.

National Toxicology Program. 2005. Report on Carcinogens, Twelfth Edition: Substance Profile of Polycyclic Aromatic Hydrocarbons. U.S. Department of Health and Human Services, Public Health Services, USA.(PDF, 256KB) (consulté en décembre 2013)

Version :
1.0